un dahu à Cuba


le(s) pour(s) et le(s) contre(s)


 

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no me gusta, pas glop, pour le meilleur et pour...

 

« salut! ici Damien qui te écrit de cuba. comme moi apprends espagnol, je fais traduction pour montrer difficile pour moi rencontrer gens. »
un exemple réaliste de mon rajeunissement linguistique et compétences hispanophones... L´occasion d´être franc(ais) et d´avouer que ce n´est pas facile tous les jours de n'être bien souvent que spectateur d´un univers plein de questions.
Mais, si ce n´est ce problème qui  ne repose que sur mes compétences d´apprentissage, les cubains -quand ils ne restent pas bloqués sur le ¨CUC¨ (la monnaie du touriste) en argent massif gravé sur  mon front- ne vont pas chercher à parler plus lentement. je jure au passage à tous ceux qui se sont plaint de ma locution par le passé que je vais dorénavant articuler :)
La situation politique du pays n´aide pas non plus beaucoup à la communication. j´ai souvent l´impression d´être un extraterrestre à qui il vaut mieux ne pas parler, pour éviter des soucis avec la police. l´histoire de Cuba en dit beaucoup: exploitation-rebellion-dictature-exploitation-rebellion-dictature-...?
Pas étonnant que les regards paraissent si ´metro-isés´ ou bien amnésiques de rhum blanc; et que les télés tournent plein pot dans les foyers. Imaginez vous croiser un portrait de Napoléon ou Sarkozy à chaque coin de rue? Ou encore devoir faire les courses dans 4 épiceries differentes pour trouver le petit plus que n´avaient pas les 3 autres? les étalages des ´mercados´ font peur. Cuba -contrairement à mes rêves de bonne bouffe exotique- n’ est pas le pays de la gastronomie, parce qu´ils n´ont tout simplement pas les ingrédients pour: riz/poulet/maïs/porc/riz...
riz/poulet/maïs/porc/riz... Je comprends pour le coup l´expression ´"période spéciale" qu´ont subi les cubains après la chute du communisme soviétique! Et pourtant, je crois être bien loin du compte.
Cuba est une prison, dorée pour les touristes, déprimante pour les cubains qui, malgré une sécurité sociale et un système d´éducation inégalable, ne gagnent que 25 euros par mois, quelques soient leurs professions.

Ici on ne dit pas jouer les tambours mais ´curarase le conga´ littéralement ´se guérir en jouant de la musique'...

Arf! désolé pour ce petit passage à vide d´émotions colorées, mais le bisounours et grand gamin que j´aimerais rester se prend une grande claque derrière la tête...

 

                                                    Et pourtant...


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me gusta mucho, glop, pour le pire comme pour...


moi ce que je kiffe à Cuba, ce sont les personnages de mon aventure. Il y a en tout premier lieu ´Oscar le malabar´ qui fait la sieste sur le carrelage frais, m´accueille à coup de joyeux « comment qu´c´est glos? » et « ca loule ma poule ? », supporte 5 heures de tintamarre percussif par jour et me contente de magnifiques soupirs de plaisir à chaque courant d´air recréateur.
Patricia, ma logeuse qui m´appelle "ma vida" à tout bout de champ, sa coupe à la James Brown et sa myriade de pigeons qui roucoulent h24 et s´incrustent dans la maison dès que l´occasion fait son larron.
Ou bien encore Orlando mon barbier de quartier qui lui aussi s´intéresse de trop prés à mes tours d´oreilles (peut étre des origines indiennes...)
Même Léon le coq du voisin qui, d´une précision implacable (6h10) nous réveille chaque matin toutes les volailles de Santa Barbara/Santiago/Cuba..
Et pis y´a mon vieux professeur de percussions afro cubaines qui sursaute et rigole à chaque faux pas et m´invite régulièrement, en me posant vigoureusement une main sur la cuisse, à arrêter de taper du mien quand j´essai de comprendre comment tournent ses magnifiques polyrythmies.
Ensuite y´a tous les p’tits mamaillous du coin avec leurs caisses à savon bricolées pour dévaler les pentes sur des trottinettes et luges de macadam...les joueurs de dominos (le sport national), leur mimiques de métier et leurs grands gestes d´intimidation...les trajets en motostop... les glaces italiennes...  les concerts de son et de rumba ou y´a des grands mères qui t´invite à leur marcher sur les pieds le temps d´un boléro...la technique cubaine pour claquer des doigts (je vais y arriver, je vais y arriver)...les poitrines cubaines ...toutes les variétés de mangues que je découvre chaque jour (même celle qui te laisse des fils jaunes entre les dents pour la journée)...les ventilateurs (mais pas les (de)climatiseurs)...les bières bucaneros et les p’tits paquets de cahuettes vendus dans des cornets de journaux... les invasions de nuages dans le ciel genre indépendance day...les 3 premiers crocs dans les pizza tomate/fromage/pétrole à brûler...
Bref tous ceux et ce qui m´entourent chaque jour que les Orishas font! Un univers plein de couleurs et de bon son...


Et pourtant...


 

 

 


Album Photo : Dahu in Cuba


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